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le chemin des dames
La
chevauchée de l’Histoire
Le chemin des Dames de France
Chemin de plaisance, chemin de souffrance. L’histoire
est parfois ironique. Au XVIIIe siècle, Adélaïde
et Victoire, et Victoire, Dames de France et filles de Louis
XV, empruntaient depuis ce chemin pour rendre visite à
leur gouvernante au château de la Bove prés de
Vauclair. Pour faciliter le passage du carrosse royal, on
empierra cette voie qui allait, plus tard, porter leur nom.
Même si le Chemin des Dames évoque avant tout
la Grande Guerre, l’histoire s’est souvent invitée
sur ce plateau. Cette route de crête culminant à
plus de 200 mètres forme une magnifique barrière
naturelle qui fut de tout temps convoitée pour sa position
stratégique. Cet observatoire idéal offre aujourd’hui
de belles échappées sur les vallées intimes
du Laonnois.
Déjà César...
En 57 avant J.C, le sort de la Gaule se joue autour de Bibrax,
l’actuel oppidum de Saint-thomas. Dans ses mémoires,
César raconte comment ses légions écrasèrent
les peuples de la Gaule du Nord.
...Puis Clovis
En 486, le dernier « gouverneur » romain, Syagrius,
est défait aux environs de Soissons par un jeune chef
franc nommé Clovis.
1814 : Le crépuscule de Napoléon
En 1814 on se bat à nouveau sur ce chemin de crête.
Napoléon engage de jeunes recrues, les Maries-Louise,
contre les armées coalisées russes et prussiennes.
C’est sa dernière victoire avant la défaite
de waterloo.
Un siècle plus tard
Dés septembre 1914, les troupes allemandes occupent
la crête. Jusqu’en 1917, le front est stable.
Les unités allemandes mettent à profit ces longs
mois pour faire du Chemin des Dames une forteresse imprenable.
Souhaitant en finir avec cette guerre de position, Nivelle
lance le 16 avril 1917 une offensive de grande envergure.
Malgré la participation des premiers chars d’assaut
et un pilonnage intensif de l’artillerie, cette offensive
est un désastre. Nivelle s’obstine et, au prix
de pertes humaines considérables, récupère
Craonne et le plateau de Californie en mai 1917.
Cet échec retentissant sape le moral des troupes et
entraîne les mutineries célébrées
par la chanson de Craonne. Nivelle limogé, c’est
Pétain qui prend le commandement. Après avoir
restauré le moral des troupes, il engage alors une
bataille limitée mais bien préparée.
En novembre 1917, la crête est aux mains des français.
Pour peu de temps, car en mai 1918, les Allemands lancent
une foudroyante offensive qui repousse les armées alliées
au-delà de la Marne.
En juillet 1918, les français repassent à l’offensive
et percent le front ennemi. Le 10 octobre 1918, la crête
est abandonnée par les troupes allemandes. Le 13, Laon
est libérée.
La
Caverne du Dragon
Hier 
Baptisée Caverne du dragon (Drachenhöle) par les
soldats allemands, cette ancienne carrière de pierre
remonterait au XVIème siècle et fut exploitée
jusqu’au XIXème siècle. A partir de janvier
1915, les unités allemandes la transformèrent
en une véritable caserne souterraine avec postes de
tirs et commandement. Mais la caserne fut beaucoup plus que
cela. Elle constitua pour le soldat un havre de paix, un lieu
de repos et de détente alors qu’en surface se
déchaînait le feu des armes. Des dortoirs, un
réseau électrique fut construit et des points
d’eau autorisaient même une hygiène minimum.
De la mi-septembre au 2 novembre 1917, les troupes allemandes
et françaises cohabitèrent dans la Caverne.
Les murs construits pendant l’occupation allemande,
pour défendre l’accès à la Caverne
et prévenir les attaques aux gaz, matérialisèrent
une frontière intérieure lors de la cohabitation.
Aujourd’hui
Le nouveau bâtiment surplombe la vallée de l’Aisne
et offre un panorama exceptionnel. Réaménagée
en musée du souvenir, la Caverne du Dragon évoque
la vie quotidienne du soldat grâce à des moyens
modernes d’animation, des objets, des fonds sonores,
des vidéos et images d’archives. Agrandie et
mise en valeur par la scénographie, la Caverne nous
livre ses secrets.
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