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Capitales: Mata'utu
(Wallis) et Leava (Futuna)
Population: 14166 (1996)
Wallis: 9528
Futuna: 4638
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: wallisien (67
%)
Langue coloniale: français
Groupes minoritaires: futunien (32%),
français métropolitain (1%)
Système politique: statut de
territoire français d'outre-mer (TOM)
Articles constitutionnels (langue): art.
2 de la Constitution française de 1958 (modifiée en
1992)
Lois linguistiques: toutes les lois linguistiques de la République
française dont la loi no 75-620 du 11 juillet 1975 relative
à l'éducation; la loi no 84-52 du 26 janvier 1984
sur l'enseignement supérieur; la loi d'orientation no 89-486
du 10 juillet 1989 sur l'éducation; le décret no 93-535
du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des
charges de la Société nationale de radiodiffusion
et de télévision française pour l'outre-mer
(RFO).

I Données géographiques
Wallis-et-Futuna est un territoire français d’outre-mer
situé dans le Pacifique-Sud, soit dans la zone géographique
de la Polynésie à l’est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée
et de l’Australie, plus précisément au nord
des îles Fidji et Tonga, mais à l’ouest des îles
Samoa (voir la carte 1). Le territoire de Wallis-et-Futuna est formé
de deux archipels distincts (voir la carte 2): d’une part,
l’île Wallis, appelée ‘Uvea par les insulaires
(77,5 km²) et bordée d’une quinzaine d’îlots
(81,5 km2), d’autre part, à 240 km au sud-ouest de
Wallis, les îles Futuna (64 km²) et Alofi (51 km²)
séparées l’une de l’autre par un chenal
de 2 km (voir la carte 3); seules les îles Wallis/Uvea et
Futuna sont habitées. Ce territoire français d’outre-mer
est situé à 2100 km au nord-est de la Nouvelle-Calédonie
et à 3200 km de la Polynésie française.
À quelque 22 000 km de Paris, Wallis-et-Futuna représente
sans nul doute le territoire le plus éloigné de la
Métropole. Il est à noter que Wallis-et-Futuna constitue
l’un des trois territoires français du Pacifique-Sud,
avec la Polynésie francaise et la Nouvelle-Calédonie.
De plus, le territoire de Wallis-et-Futuna fait partie d’un
ensemble plus vaste couvrant une grande partie du Pacifique et formant
ce qu’on appelé le «triangle polynésien»
dont les sommets sont Hawaï au nord, l’île de Pâques
au sud-est et la Nouvelle-Zélande au sud-ouest.

II Données historiques
Le peuplement dans cette partie de l'Océanie commença
quelque 1500 ans avant notre ère. Auparavant, à partir
d'abord de l'Asie du sud-est, des populations avaient peuplé
la Nouvelle-Guinée, le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie.
Le peuplement s'est ensuite poursuivi vers l'est avec les îles
Fidji, Wallis, Futuna, Tonga et les Samoa. Des fouilles archéologiques
ont mis au jour des sites wallisiens datant de 1400 avant notre
ère et des sites futuniens datant de 800 ans avant notre
ère. On sait aussi que des Tongiens, habitants du royaume
de Tonga, colonisèrent plusieurs archipels de la région,
dont Wallis, vers le XVe siècle. À Futuna, c'est une
migration d'origine samoane qui exerça une forte influence
sur l'île. Le système de “chefferies à
titres” toujours en vigueur aujourd'hui serait d'origine tongienne.
2.1 Les Hollandais
La première présence européenne se manifesta
le 28 avril 1616 alors que les Hollandais Jacob Le Maire et William
Cornélius Schouten découvrirent Futuna et Alofi qu'ils
appellèrent îles Horn, du nom de leur ville natale,
qu'ils ont aussi donné au cap Horn. Mais l’île
Futuna ne servit que de lieu de ravitaillement et les Hollandais
ne s’y installèrent pas.

2.2 Les Anglais
En juin 1767, la frégate du navigateur anglais Samuel Wallis
aborda le rivage de l’île de Tahiti en Polynésie;
le capitaine Wallis en prit possession au nom du roi d’Angleterre.
Le 16 août de la même année, le navigateur anglais
passa une journée à l’île d’Uvéa
qui fut alors baptisée Wallis par ses officiers. Mais son
passage se limita à quelques échanges de vivres et
la découverte du capitaine Wallis ne connut pas de suite.
2.3 Les Français
L'influence européenne se fit sentir plus nettement en novembre
1837 avec l'implantation de missions catholiques françaises.
Les archipels de Wallis et de Futuna furent rapidement convertis
au christianisme par les pères maristes. Le père Chanel,
l'un des fondateurs de la Mission de Futuna, fut assassiné
le 28 avril 1841, ce qui entraîna des conflits entre les royaumes.
Dès le 5 avril 1842, les autorités coutumières
firent une première demande de protectorat à la France;
quelques mois plus tard, les royaumes d'Alo et de Sigave (Futuna)
firent de même. Cette demande ne fut ratifiée qu'en
1887, sous le règne, à Wallis, de la reine Amélia.
Le traité signé consolidait les positions françaises
dans le Pacifique, tout en assurant la protection des Wallisiens
et des Futuniens en cas de conflit. Cependant, Wallis et Futuna
restaient rattachées administrativement à la Nouvelle-Calédonie.
Le statut de protectorat fut remanié en mai 1910 et ratifié
à nouveau en novembre de la même année. Ce n'est
qu'en 1931 que Wallis-et-Futuna connut sa première liaison
maritime avec la Nouvelle-Calédonie ainsi que l'introduction
du franc français dans l'économie. Pendant la Seconde
Guerre mondiale, en juin 1942, l’île Wallis fut utilisée
comme base aérienne stratégique par les États-Unis.
Les Américains créèrent, le 28 mai 1942, la
base “Navy 207": ce furent 6000 soldats qui s'installèrent
à Wallis et dotèrent l'île d'infrastructures
modernes.

Puis, le 27 décembre 1959, les insulaires de Wallis et de
Futuna choisirent le statut de territoire français d'outre-mer
(TOM). Cette
décision fut prise par une très large majorité
dans le cadre d'un référendum avec une réponse
positive de 94,3 % des suffrages exprimés. Le référendum
a été confirmé juridiquement un an et demi
plus tard par la loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 conférant
aux îles Wallis et Futuna le statut de territoire d'outre-mer.
Puis, le décret n° 62.288 du 14 mars 1962 fixa les attributions
du Conseil territorial des îles. Enfin, la loi n° 73.549
du 28 juin 1973 modifia l'article 12 de la loi n° 61.814 du
29 juillet 1961. Dans tous ces documents juridiques, aucune disposition
n’a été prévue au sujet de la langue.
En fait, le territoire de Wallis-et-Futuna, en tant que territoire
français d'outre-mer, dépend de la Constitution française
et des lois françaises, avec quelques ajustements liés
au droit coutumier local (les chefferies).
Contrairement aux deux autres territoires français du Pacifique,
la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française,
les deux îles de Wallis et Futuna semblent ne connaître
aucun mouvement autonomiste. Les Wallisiens et les Futuniens ont
conservé leurs traditions polynésiennes. C'est le
Lavelua, le roi de Wallis, qui veille sur la coutume, avec sa “grande
chefferie”, ainsi que les deux souverains de Sigave et d’Alo
(île de Futuna). Dans ce territoire français d’un
autre monde, l'Église et la monarchie se partagent le pouvoir:
la coutume des clans et les conflits familiaux supplantent aisément
les usages politiques de la Métropole. De plus, la petite
aristocratie locale bloque toute réelle modernisation, mais
elle profite largement des subventions métropolitaines, qui
sont considérables et impossibles à chiffrer avec
précision.
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