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Capitale: Saint-Pierre
Population: 6316 habitants (août
2000) 
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: français
(100 %)
Groupes minoritaires: aucun
Statut politique: collectivité
territoriale de la République française
Articles constitutionnels (langue): art.
2 de la Constitution de 1958 (modifiée par la Loi constitutionnelle
no 92-554 du 25 juin 1992
Lois linguistiques: toutes les lois
linguistiques de la République dont la loi Toubon de 1994
(ou loi du 4 août 1994, relative à l'emploi de la langue
française); la loi no 75-620 du 11 juillet 1975 relative
à l'éducation; la loi no 84-52 du 26 janvier 1984
sur l'enseignement supérieur; la loi d'orientation no 89-486
du 10 juillet 1989 sur l'éducation; le décret no 93-535
du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des
charges de la Société nationale de radiodiffusion
et de télévision française pour l'outre-mer
(RFO).

I Données géographiques
Les îles de Saint-Pierre et de Miquelon constituent un petit
archipel de 242 km2 situé à quelque 25 km au sud-ouest
de la province canadienne de Terre-Neuve (superficie de 112 200
km²), à 300 km de Sydney (Nouvelle-Écosse) et
à 1800 km de Montréal (Québec). Cet archipel
compte deux îles principales, l’île de Saint-Pierre
au sud-est et l’île de Miquelon (reliée à
l’île de Langlade par un isme de sable), auxquelles
s’ajoutent quelques îlots (voir la carte agrandie).
Saint-Pierre-et-Miquelon a obtenu le statut de département
français d’outre-mer (DOM) en 1976 et le statut de
collectivité territoriale de la République française
en 1985. Il n’existe que deux villes: Saint-Pierre, le chef-lieu
avec 5800 habitants, et Miquelon avec 710 habitants.

II Données historiques
Avant toute exploration officielle, des pêcheurs bretons et
normands s’établirent vers 1504 sur une base saisonnière
à Saint-Pierre et vinrent pêcher dans les eaux de Terre-Neuve
où la morue était abondante; des Basques sont venus
chasser la baleine sur les bancs de Terre-Neuve à la même
époque. Mais c’est le navigateur portugais José
Alvarez Faguendes qui, après avoir abordé les côtes
de la Nouvelle-Écosse, le golfe Saint-Laurent et la côte
sud de Terre-Neuve, découvrit officiellement, le 21 octobre
1520, l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon qu’il appela
alors l’île des Onze Mille Vierges en souvenir d’une
légende attribuée à sainte Ursule et à
ses compagnes. Les Portugais conservèrent très peu
longtemps ces îles qui, d’ailleurs, ne gardèrent
pas leur nom originel («archipel des Onze Mille Vierges»),
car en 1530 l'appellation des îles de Saint-Pierre fit son
apparition sur les cartes marines.
2.1 Une possession française
L’archipel passa rapidement sous souveraineté française
lorsque, le 5 juin 1536, Jacques Cartier y aborda avec deux bateaux,
la Grande Hermine et l'Émérillon, au retour de son
second voyage au Canada. Il y séjourna six jours et constata
la présence de plusieurs navires «tant de France que
de Bretagne». Il profita de son séjour pour en prendre
officiellement possession au nom de François Ier, roi de
France. Cependant, c’est seulement vers 1604 que des établissements
sédentaires furent fondés, dont la ville de Saint-Pierre,
par des pêcheurs bretons, normands et basques. Après
le passage de Cartier, de nombreux Bretons, tout particulièrement
de Saint-Malo, continuèrent à utiliser Saint-Pierre
comme base de pêche saisonnière.

À cette époque, Saint-Pierre-et-Miquelon
était sous l'administration d’un gouverneur qui résidait,
depuis 1662, à Plaisance dans l’île de Terre-Neuve,
qui formait alors une entité distincte du Canada et de l'Acadie
en Nouvelle-France. Les îles de Saint-Pierre et de Miquelon
faisaient donc partie de la colonie de Terre-Neuve. Située
au sud-ouest de la péninsule d'Avalon, Plaisance (aujourd'hui
Placentia) fut choisie par Louis XIV pour servir de capitale administrative
à l’île de Terre-Neuve (voir la carte) afin de
ne pas laisser cette grande île aux Anglais. À ce moment-là,
pêcheurs français et anglais vivaient dans une certaine
harmonie; les Français occupaient surtout le nord et le sud,
les Basques s'étaient réservé la côte
ouest, tandis que les Anglais exploitaient la côte est où
ils avaient fondé St Joshn's. Le baron de Lahontan résume
ainsi l'importance de Plaisance:
À l'apogée de leur présence à Terre-Neuve,
soit entre 1678 et 1688, les Français (incluant les Basques)
consacraient à la pêche environ 20 000 personnes (environ
le quart de tous les marins de la Nouvelle-France) et quelque 300
navires, ce qui représentait en gros le double de l'effort
des Britanniques sur l'île. Mais la colonie de Terre-Neuve
s’avéra d'une grande fragilité et, malgré
tous les efforts financiers et militaires du roi, elle fut considérée
comme perdue dès 1690. En fait, des problèmes d'ordre
économique internes, l'incompétence des gouverneurs
français, les maigres ressources agricoles du territoire,
ainsi que des tensions ethniques entre Basques, Malouins, Rochellais
et Normands contribuèrent à affaiblir la colonie terre-neuvienne,
donc du petit archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. La perte de
Terre-Neuve constituera la première phase d'encerclement
de la colonie du Canada par les Britanniques.

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