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Population
:
Concentration et métissage
Selon les données recueillies par l’ISPF
(Institut de la Statistique de Polynésie française),
lors
du dernier recensement de la population (novembre 2002),
Tahiti et ses îles compteraient 245 405 habitants.
Cependant, un important phénomène de concentration
est observé puisque 75 % d’entre eux demeurent
aux Iles du Vent (Tahiti, Moorea), la zone urbaine de
la capitale Papeete (bande de 40 km de long environ),
drainant à elle seule plus de 127 600 habitants.
Cette population affiche une croissance importante,
estimée à + 11,8 % depuis le dernier recensement
de 1996. Une évolution qui proviendrait à
la fois d’un accroissement démographique
naturel mais aussi d’un solde migratoire positif
(installation de fonctionnaires d’Etat retraités).
Pluriethnique, la population de Tahiti et ses îles
rassemble des Polynésiens (83 % dont 20 % environ
de “ demis ” ou métis), des Européens
(12 %, métropolitains essentiellement) et des
Chinois (5 %, communauté dont l’implantation
remonte à la fin du XIXe siècle).
Poids de la
religion et “ occidentalisation ”
Dans cette société, la religion tient
une place importante. Les protestants sont désormais
majoritaires (45 % environ), suivis par les catholiques
(34 %) puis, dans une moindre mesure, par les mormons,
adventistes du 7ème jour, sanito… Les églises
dirigent des organisations de jeunesse et jouent un
rôle prépondérant dans la vie sociale
et politique. Par ailleurs, l’analyse démographique
met en exergue un phénomène dit “
d’occidentalisation ” (allongement de la
durée de vie, diminution du nombre d’enfants
par famille, etc.) que l’évolution des
mœurs tend à confirmer, à travers
une montée en puissance de la société
de consommation.
De même, si une grande partie des Polynésiens
converse encore entre eux en Reo ma’ohi parallèlement
à l’usage officiel du Français,
sa pratique courante a tendance à se perdre chez
les plus jeunes.

I Situation
géographique
Un ensemble vaste comme l’Europe
Tahiti et ses îles s’étendent sur
une superficie maritime de quatre millions de km2 aussi
vaste que l’Europe. Cependant, les terres émergées
ne représentent que 4 000 km2 que se partagent
118 îles, réparties en cinq archipels :
les Marquises (au Nord), les îles de la Société
et les Tuamotu (au centre), les Australes (au Sud) et
les Gambier (au Sud-est).

Des îles
hautes volcaniques et des atolls coralliens
De ce Territoire d’Outre-Mer rattaché à
la France, le grand public ne connaît bien souvent
que Tahiti (archipel de la Société, groupe
des Iles du Vent) et Bora Bora (groupe des Iles Sous-le-Vent),
tant ces îles demeurent mythiques. Or, chaque
archipel offre un visage particulier selon sa situation
(de 5 à 10 ° de latitude sud pour les Marquises
au Tropique du Capricorne pour les Gambier), ou selon
qu’il abrite des îles hautes d’origine
volcanique (Société, Marquises, Australes,
soit au total 35 îles) ou des atolls coralliens
(Tuamotu et Gambier, soit 83 atolls).
Ile haute dont Papeete est la capitale, Tahiti est la
plus vaste (plus de 1000 km2), et la plus peuplée
(127 000 habitants).
Au cœur
du Pacifique
Ce vaste ensemble n’en est pas moins minuscule
tant il paraît perdu, en plein Pacifique. Il
suffit d’observer un globe terrestre pour s’en
convaincre. Pas un continent à moins de 5 700
km - l’Australie - et une mère patrie,
la France, située presque aux Antipodes, à
17 000 km. Poussières d’étoiles
éloignées des grands pôles économiques
et politiques, Tahiti et ses îles sont avant tout
caractérisées par leur isolement. Nombre
d’îles ne comptent que quelques centaines
voire quelques dizaines d’habitants et une quarantaine
d’entre-elles demeurent inhabitées.
Cet isolement géographique s’avère
être un atout vecteur d’exotisme et de rêve
par l’attrait touristique qu’il s’en
dégage et l’environnement naturel préservé
de ces îles. Par ailleurs, l’essor des nouvelles
technologies (Internet, télévision par
satellite…) contribue de plus en plus à
relier Tahiti et ses îles au reste du monde. Le
niveau d’infrastructure sanitaire, pédagogique,
les transports et le taux d’équipement
(automobile, informatique, électroménager…)
font de ce Territoire en apparence isolé, un
des plus modernes de Pacifique Sud.
La formation
des îles et des atolls
Toutes
les îles de la Polynésie française
sont d’origine volcanique. L’ensemble du
Territoire repose en effet sur une plaque venant de
l’Est et se déplaçant vers le Nord-Ouest
à raison de 11cm par an pour replonger ensuite
sous la plaque Eurasienne. Sur cette plaque située
à plus de 4 000 m de fond naissent deux types
de volcans : les plus vieux d’entre eux datant
de 40 à 60 millons d’années comme
ceux des Tuamotus et les autres résultant du
déplacement d’un point chaud fixe dans
une direction sud-est/nord-est comme le Mac Donald,
toujours actif, qui est à l’origine des
Australes.Une fois créées, les îles
sont soumises à differents phénomènes
qui vont les transformer en île basse ou atoll
: l’érosion et l’enfoncement. Ce
dernier est lié au refroidissement de la plaque
et celui des coraux poussant à sa périférie.
Le triangle
Polynésien
Il comprend les îles du Pacifique ayant été
successivement peuplées par les navigateurs Polynésiens
: les Marquises, Hawaii, L’île de Pâques
et la Nouvelle-Zélande. Ces populations partageaient
ainsi les mêmes racines linguistiques et culturelles,
et possédaient des traditions, des usages culinaires
et une mythologie semblables. L’archipel des Marquises
fut le premier à avoir été peuplé
de Polynésiens vers le 3ème siècle
de l’ère chrétienne. Les premiers
occupants des îles Hawaii (4 500 km au Nord de
Tahiti) seraient des Marquisiens qui y accostèrent
entre 500 et 800 ans après J.C en naviguant aux
étoiles. Ces derniers rencontrèrent ensuite
le continent américain qui marqua la fin de leur
exploration de l’Est du Pacifique. Ils découvrirent
sur leur retour la Nouvelle-Zélande (vers l’an
800) qu’ils nommèrent « Aotearoa
» (le pays du long nuage blanc). Enfin, les Marquisiens
peuplèrent l’île de Pâques
(Rapa Nui) située à 4000 km au Sud-est
des Marquises.

II Données
historiques
Qui sont-ils, d’où
viennent-ils, où vont-ils ?
Qui sont les Polynésiens et comment arrivèrent-ils
à Tahiti et ses îles avant de devenir,
sous l’effet de la colonisation, des citoyens
français ? Trois périodes clefs peuvent
être identifiées : la Polynésie
d’avant “ le contact ” avec les navigateurs
étrangers, l’ère colonisatrice et
la confrontation avec la modernité lors de l’implantation
du CEP (Centre d’Expérimentation du Pacifique),
chargé de procéder aux essais nucléaires
français, à partir des années 60.
Sur de grandes
pirogues...
La théorie désormais généralement
admise situe en Asie du Sud-Est l’origine des
vastes migrations ayant entraîné, il y
a trois ou quatre mille ans, le peuplement du Pacifique
par les populations polynésiennes. Utilisant
des pirogues doubles (à voile) en bois et fibres
tressées, ces premiers navigateurs intrépides,
grâce à leur connaissance du vent, des
courants et des étoiles, voyagèrent vers
l’Est, colonisant les archipels du centre (Cook,
Tahiti et ses îles...) entre 500 av. J.C et 500
ap. J.C).
Ces grandes expéditions achevées vers
1000 ap. J.C donnèrent naissance au “ triangle
polynésien ” composé de Hawaii (au
Nord), de l’île de Pâques (à
l’Est) de Tahiti et ses îles (à l’Ouest)
et de la Nouvelle-Zélande (au Sud-Ouest). Les
différentes langues employées dans ces
îles et issues de la langue ma'ohi témoignent
de l’origine commune de leurs habitants.
L’arrivée
des Européens et la colonisation
Au XVIe siècle Magellan, puis Mendana touchèrent
respectivement l’archipel des Tuamotu et des Marquises.
Cependant, c’est à l’Anglais Samuel
Wallis que reste attachée la mémoire de
la découverte européenne de Tahiti (1767).
L’année suivante, le Français Antoine
de Bougainville baptise cette île “ La nouvelle
Cythère ”. Un an après, l’Anglais
James Cook y débarque à son tour et prend
possession des îles de la Société.
Tahiti et ses îles étaient alors divisées
en plusieurs chefferies et royaumes et la cosmogonie
polynésienne comptait différentes divinités.
Peu à peu, les missionnaires protestants et catholiques
vont évangéliser les îles, alors
que vers 1797, avec l’aide des Européens,
un des chefs réussit à affirmer sa suprématie
et crée la “ dynastie des Pomare ”.

Au XIXe, Tahiti et ses îles sont le théâtre
d’une rivalité franco-anglaise à
la fois religieuse, commerciale et stratégique.
En 1842, le protectorat français est finalement
signé avec la reine Pomare IV (sur Tahiti et
Moorea), puis l’annexion en 1880 acceptée
par Pomare V, dernier roi de Tahiti.
Néanmoins, l’implantation des Européens
dans ces îles jusque-là isolées
ne se fit pas sans heurt (conflit franco-tahitien de
1844 à 1846) ni préjudice : essor de l’alcoolisme,
acculturation générée par le puritanisme
des missionnaires qui interdirent la pratique d’arts
traditionnels tels la danse ou le tatouage, ravages
provoqués par l’introduction de maladies
infectieuses. À l’époque de Cook,
la population de Tahiti s’élevait à
70 000 habitants. Aux lendemains du protectorat, ils
n’étaient plus que 8 500...
Au cours de la Première et de la Seconde Guerre
Mondiale (Tahiti se ralliera à la France Libre),
de nombreux insulaires partirent épauler les
troupes françaises.
En 1958, les EFO (Etablissements Français d’Océanie)
deviennent la Polynésie Française.
Propulsion
dans la modernité
Les années 1960 marquent un tournant pour Tahiti
et ses îles qui, rapidement, vont se trouver propulsées
dans la modernité, avec l’ouverture de
la piste de l’aéroport international de
Tahiti-Faa’a (1960) et l’implantation du
CEP (Centre d’Expérimentation du Pacifique)
en 1963. Cette année-là, quelque 5000
soldats, légionnaires et techniciens débarquent
à Tahiti. En 1966, la première explosion
atomique a lieu à Moruroa (archipel des Tuamotu)
et les nouvelles infrastructures du Port autonome de
Papeete, seul port international de Tahiti et ses îles,
voient le jour.
Cette décennie, marquée également
par les premiers pas du tourisme (implantation du premier
Club Méditerranée à Moorea en 1962)
et l'instauration d'une caisse de protection sociale
(prise en charge des dépenses de santé)
va profondément transformer les tissus économique
et social: afflux des habitants des îles vers
Tahiti, essor des entreprises locales et du secteur
tertiaire, hausse du niveau de vie, découverte
et confrontation à une société
de consommation jusque-là inconnue.
www.tahiti.com
2.2
Chronologie
. De - 3000 / - 4000 av J.C. début des vagues
de peuplement dans le pacifique sud en provenance du
sud est asiatique. • IIIème - VIème
siècle : premières implantations des hommes
aux Marquises.
• De 850 à 1000 : à partir des Marquises,
colonisation des îles-sous-le-vent, d'Hawai, des
îles cook, de l'île de Pâques et de
la Nouvelle Zélande.
• 1521 : Magellan découvre une partie des
Tuamotu • 1595 : Alvaro de Mendaña découvre
les Marquises. • 1767 : Arrivée de Wallis
à Tahiti. • 1768 : Bougainville baptise
cette île la Nouvelle Cythère
• 1769 : Premier voyage de Cook à Tahiti.
• 1768 : Arrivée de Bougainville à
Tahiti. Il prend possession des Iles de la Société.
• 1774 : Cook ramène en Europe un Tahitien,
Pa'i .
• 1773 : 2ème voyage de Cook à Tahiti.
• 1777 : Dernier voyage de Cook en Polynésie.
• 1788 – 1791 : Mutinerie du Bounty.
• 1793 : Début de la dynastie des Pomare.
• 1797 : Arrivée des premiers missionnaires
de la "London Missionary Society". •
1797 : Création de la dynastie des Pomare
• 1815 : Les chefs polynésiens perdent
la bataille de Fei Pi. Pomare II se convertit au christianisme.
• 1819 : Pomare II créé le Code
de Pomare. • 1836 : Les protestants anglais obtiennent
l'expulsion des missionnaires français.
• 1841 : Dupetit Thouars proclame le protectorat
français sur Tahiti, initiative ratifiée
par la Grande Bretagne.
• 1844 –1847 : Guerre Franco Tahitienne.
• 1847 : Pomare IV accepte le protectorat de la
France.

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